"La plate-forme a grincé, l'homme faisait le tour du motor-home. A ce moment-là, je me suis aperçu que la porte des toilettes possédait une sorte de judas. En cet instant d'apnée totale et de strabisme convergent, je ne me suis pas demandé, comme je l'aurais fait en d'autre circonstances, pourquoi la porte des toilettes possédait un judas, ni quel genre de scènes troublantes pouvaient découler de l'inclusion d'une telle option : je me concentrais sur la petite bille de sueur à l'extrémité de mon nez et sur les efforts que je devais faire, en tant que mammifère, pour ne pas respirer. Je me suis juste dit : Oh, parfait, un judas : je vais pouvoir voir si les gens qui veulent me tuer vont réussir à me tuer."
L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet - Reif Larsen
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samedi 2 novembre 2013
vendredi 1 novembre 2013
L'extrait du jour #6
C'est le retour de l'extrait du jour !
"Le lendemain pour me distraire, j’ai essayé de me lancer dans la cartographie de Moby Dick.
Cartographier un roman est une tâche délicate. Parfois les paysages imaginaires m’offraient un refuge, un répit dans la mission que je m’étais assignée de cartographier le monde réel dans sa totalité. Mais ce répit était toujours assorti d’un sentiment de vacuité : je savais que je me leurrais, que l’œuvre de fiction n’était qu'une illusion. Sans doute certains parviennent-ils à justifier le plaisir de l’évasion par la conscience du leurre, peut-être est-ce précisément là tout l’intérêt des romans, mais pour ma part j’ai toujours trouvé difficile d’accepter cette cohabitation de la réalité et de la fiction. Peut-être faut-il simplement être adulte pour réaliser ce numéro d’équilibriste qui consiste à croire tout en ne croyant pas."
L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet - Reif Larsen
mardi 8 octobre 2013
L'extrait du jour #5
"Je sais comment cela va se passer maintenant parce que j’ai énormément de temps pour lire et que je connais tous les scénarios. Stoner Boy va se rapprocher pour nous examiner de plus près. Zoey ne va pas le regarder, mais moi, oui. Je le fixerai une seconde de trop et il se penchera vers moi pour me demander mon nom. « Tessa », dirai-je, et il le répétera : le cinglant du T, le sifflement des deux S, le A plein d’espoir... Je hocherai la tête pour lui signifier à quel point je suis heureuse que mon nom résonne de façon si nouvelle et harmonieuse, prononcé par lui. Alors il tendra les bras, paumes vers le ciel, comme pour dire : « Je me rends, comment résister à tant de beauté ? » Je sourirai, faussement timide, et baisserai les yeux. Pour lui faire comprendre qu’il peut oser un pas de plus, je ne mords pas, je connais les règles du jeu. Il me prendra dans ses bras et nous danserons enlacés, ma tête posée sur sa poitrine, moi écoutant battre son cœur, le cœur d’un inconnu."
Je veux vivre, Jenny Downham
Je veux vivre, Jenny Downham
mardi 1 octobre 2013
L'extrait du jour #4
"La route m’a paru longue pour arriver chez Papi et Mamie – ils vivent en Ardèche, dans un coin tout paumé où Maline a passé son enfance et qu'on adore, même s’il n’y a pas grand-chose à y faire. Quand on va là-bas, mon occupation principale c’est la pêche avec mon grand-père. Il ne parle pas beaucoup dans ces moments-là,mais ça ne me dérange pas. J’aime bien nos matins de silence au bord de la rivière. Il a commencé à m’apprendre quand j’avais 8 ans. Avant, il disait que je parlais trop, que j’allais faire peur aux poissons.Au fil de la route, j’inventais les discours persuasifs que je tiendrais à ma soeur une fois qu'on serait arrivés. Je me massais la cheville, chaque mouvement m’envoyait des décharges électriques. Je pensais à la pêche, aussi. Et j’observais ma soeur."
Frangine, Marion Brunet
Frangine, Marion Brunet
lundi 30 septembre 2013
L'extrait du jour #3
"En fait, bien avant d’être Pépé-Lapin, le papa de Maman était un jeune homme qui vivait dans une ferme. Son père, agriculteur, voulait qu'il reprenne l’exploitation. Mais mon grand-père en avait décidé autrement. La raison principale qu'il a donnée à ses parents était qu'il refusait catégoriquement de tuer les lapins. Dans une ferme, ne pas vouloir tuer les lapins équivaut à être un incapable. Alors quand il a eu 18 ans, Pépé-Lapin est parti à la ville en faisant beaucoup pleurer sa mère et en mettant son père très en colère. À la ville, il s’est mis à faire la révolution – celle de 68 – avec plein d’autres jeunes types dans son genre. Ce qui a encore fait pleurer sa mère, et encore plus énervé son père."
Frangine, Marion Brunet
dimanche 29 septembre 2013
L'extrait du jour #2
"Au lycée, pas le choix : tu te dessines toi-même un rôle taillé dans tes modèles, et si tu y crois assez fort, les autres suivront. Si tu doutes un peu trop - et si ça se voit - tu vas ramer longtemps avant de te faire une place au soleil.
Heureusement, plus on avance et moins c'est vrai ; en terminale on est quand même passé au-dessus de tout ce cirque. Mais quand tu viens juste d'arriver... On te regarde, on t'évalue, on te jauge à l'aune de classifications bien précises. Si t'as pas les codes, t'es dans la merde. Si on te découvre une faille, vaut mieux que tu cries haut et fort que c'en est pas une, et que tu l'assume"
Frangine, Marion Brunet
Heureusement, plus on avance et moins c'est vrai ; en terminale on est quand même passé au-dessus de tout ce cirque. Mais quand tu viens juste d'arriver... On te regarde, on t'évalue, on te jauge à l'aune de classifications bien précises. Si t'as pas les codes, t'es dans la merde. Si on te découvre une faille, vaut mieux que tu cries haut et fort que c'en est pas une, et que tu l'assume"
Frangine, Marion Brunet
samedi 28 septembre 2013
L'extrait du jour #1
Bonjour à tous et bienvenue sur le premier rendez-vous que j'instaure sur ce blog.
Il s'agit de l'extrait du jour. Le principe : chaque jour, publier un extrait de votre lecture en cours.
Vous pouvez le reprendre sur votre blog bien entendu.
"La mort publique du roi venait de détruire brutalement l'image sacrée de la royauté, de la couper du ciel, d'où elle tenait son origine. La guillotine tranchait le monde en deux : jadis et maintenant. Un roi était désormais un individu comme un autre, que les représentants du peuple pouvaient juger et condamner, comme tout autre malfaiteur. Sa tête tombait, et la vie continuait."
Les fantômes de Goya, Jean Claude Carrière et Miloš Forman
Il s'agit de l'extrait du jour. Le principe : chaque jour, publier un extrait de votre lecture en cours.
Vous pouvez le reprendre sur votre blog bien entendu.
"La mort publique du roi venait de détruire brutalement l'image sacrée de la royauté, de la couper du ciel, d'où elle tenait son origine. La guillotine tranchait le monde en deux : jadis et maintenant. Un roi était désormais un individu comme un autre, que les représentants du peuple pouvaient juger et condamner, comme tout autre malfaiteur. Sa tête tombait, et la vie continuait."
Les fantômes de Goya, Jean Claude Carrière et Miloš Forman
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