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vendredi 6 décembre 2013

Esprit d'hiver - Laura Kasischke

Couverture Esprit d'hiver

"Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusqu'à chez eux"


Description : 

Titre : Esprit d'hiver
Auteur : Laura Kasischke
Éditeur : Editions Christian Bourgois, je tiens à remercier Price Minister et les éditions Christian Bourgois pour l'envoi de ce livre dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2013

Résumé de l'éditeur : 

Réveillée tard le matin de Noël. Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

Mon avis :

Ce livre fut pour moi une déception. Ayant vu beaucoup de critiques positives sur ce roman, j'en attendais peut-être trop. 
Tout d'abord, vis à vis de la forme, de la mise en page, j'ai eu un peu de difficulté avec l'absence totale de chapitre. J'avais l'impression de ne pas pouvoir m'arrêter, respirer, avant de poursuivre ma lecture. Ceci étant dit, cela colle parfaitement à l'ambiance très tendue de l'histoire.
Vis à vis de l'histoire en elle même, je lui ai trouvé beaucoup de longueurs. Je m'explique, à chaque fois que l'histoire allait (enfin) avancer, l'auteur nous emmenait dans le passé, au moment de l'adoption de Tatiana, soit 13 ans en arrière, à l'orphelinat Pokrovka n°2 en Sibérie. J'ai trouvé ces passages sur l'explication des conditions des enfants dans l'orphelinat ainsi que sur les difficultés liées à l'adoption, trop longues et surtout trop répétitives.
Cependant, la fin est vraiment intéressante, et je n'ai pas pu faire de pause lors de ma lecture des 60 dernières pages du livre, tellement l'histoire était prenante. Mais j'ai eu l'impression que le roman se dénouait un peu trop vite, même si l'on comprend l'utilité de certaines des longueurs 
 que j'ai énoncées plus haut.
Un regret à la fin de cette lecture : certaines de mes questions restent encore en suspend, et la fin en pose de nouvelles.
Avis donc très mitigé sur cette lecture.

vendredi 15 novembre 2013

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet

Couverture L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet


"Si on allait se placer sur ce qui était autrefois le quai de la gare, au pied du panneau blanc rouillé sur lequel, en plissant les yeux d'une certaine façon, on pouvait encore lire DIVIDE ; si, depuis cet endroit, on se tournait vers le nord, en utilisant pour cela une boussole, le soleil, les étoiles ou son intuition, et que l'on marchât ensuite 7,61 kilomètres vers le nord, en se frayant un chemin au milieu des broussailles qui surplombaient la rivière, puis parmi les sapins qui recouvraient les collines, on entrait en collision avec le portail de notre petit ranch, le Coppertop, situé sur un plateau isolé à 1 628 mètres d'altitude et à deux pas, à l'est, de la ligne de partage des eaux, le grand divide qui avait donné son nom à la ville"

Description :

Titre : L'Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet
Auteur : Reif Larsen
Editions : Le Livre De Poche, que je remercie énormément pour l'envoi de ce livre

Résumé de l'éditeur :

T.S. Spivet est un jeune prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Un jour, le musée Smithsonian l'appelle : il a obtenu le très prestigieux prix Baird et il est invité à venir faire un discours. A l'insu de tous, T. S. décide alors de traverser les Etats-Unis dans un train de marchandises pour rejoindre Washington DC... Mais là-bas, personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant.
Muni d'un télescope, de quatre compas et des Mémoires de son arrière-arrière-grand-mère, T.S. entreprend un voyage initiatique qui lui permettra peut-être de comprendre enfin comment marche le monde...

Mon avis :

Commençons par la forme de cet ouvrage. Bien que le livre soit paru en tant que livre de poche, son format est assez particulier. En effet, je le qualifierai d'un format carré. Il y a une raison à cela : toutes les annotations dans les marges nécessitaient de la place. Mais pour le comprendre, venons à l'histoire en elle même.
Comme le dit le résumé fait par l'éditeur, nous découvrons le personnage de Tecumseh Sansonnet Spivet (appelé T.S. tout au long du roman), enfant de douze ans passionné par la cartographie et très doué dans ce domaine. Lorsqu'il apprend qu'il a gagné le prix Baird, il va alors entreprendre le voyage seul entre Divide, Montana (là où il vit, et j'ai eu l'impression d'être dans une autre époque lorsque T.S. nous explique sa vie là-bas) et Washington DC (le monde moderne). Du début à la fin du livre, nous allons le suivre non seulement à travers l'histoire écrite à la première personne (du point de vue de T.S.) mais également grâce à la multitude de dessin et de schémas réalisé par le jeune T.S. qui ponctue le récit et apporte des informations sur la profondeur de ce personnage. Vous comprenez maintenant l'utilité du format de ce roman (enfin je l'espère, si ce n'est pas le cas, signalez-le moi en commentaire).

En commençant ce livre, j'avais quelques appréhensions quant à la crédibilité de ce jeune prodige. Je m'explique. En effet, T.S. n'a que douze ans et est d'une intelligence et d'une connaissance remarquables. J'avais donc pour crainte de me retrouver avec un enfant réfléchissant comme un "adulte". Cependant, ce n'est pas du tout le cas, malgré les termes scientifiques et le langage parfois soutenu que peut utiliser T.S., on sent un réel effort de la part de l'auteur, qui arrive à jongler entre vocabulaire soutenu et langage "enfantin" tout en gardant une plume très poétique et pleine d'humour. Un petit exemple en citation pour être plus claire dans mes propos : 
"A vrai dire, je ne sais pas trop pourquoi Layton avait sa chambre là-haut. On y cuisait en été, on y gelait en hiver, et ces températures extrêmes, combinées aux puissants effluves de caca de souris qui émanaient des rainures du plancher, rendaient le grenier presque inhabitable."

Par ailleurs, l'auteur nous montre également le coté enfantin de T.S. de par ses discussions avec son chien mais également avec des objets (ici un feu de signalisation pour les trains) :
"Alors que je le dévisageais, le feu s'est mis à parler lentement, en détachant les syllabes : Ne fais pas le malin avec moi, T.S. Je suis blanc et je vais le rester. Il y a des choses qu'on ne peut pas changer dans la vie."

En conclusion, ce premier roman de Reif Larsen est une réussite, la manière dont il mène l'histoire du périple de T.S. Spivet et la façon dont il mêle poésie, humour et drame dans son écriture est magnifique.


Deux petits extraits pour le plaisir

Le père de T.S., un cow-boy d'un autre temps : 
"Ces lois c'est du crottin de Rintintin, avait un jour déclaré mon père. Ils veulent m'expliquer comment je dois utiliser mon eau à moi sur mes prop' terres ? Ils ont qu'à y venir, au ruisseau, on réglera ça à la bagarre."

La poésie dans l'écriture de Reif Larsen :
"Le trou de la serrure, les images volées, le bruissement : c'était l'une de nos bêtises les plus délicieusement troublantes."

lundi 21 octobre 2013

Mon papa Pirate


Descriptif :

Auteur : David Cali
Illustrateur : Maurizio A.C. Quarello
Editions : Sarbacane
Date de sortie : 3 octobre 2013
Public : dès 7 ans


Pourquoi ce livre ?


J'ai lu cet album dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Sarbacane. Je tiens à remercier Claire Stacino pour sa gentillesse.


Le mot de l'éditeur :

Un garçon découvre que son pas est un héros - mais pas celui qu'il croyait.


Résumé et avis :

Pour beaucoup de petits garçons, leur papa est un héros. C'est le cas dans ce magnifique album qui peut être découpé en deux parties.

Tout d'abord, on découvre une famille composée d'un petit garçon et de ses parents. Le père est très souvent absent et lorsqu'il revient une fois par an, pour l'été, il raconte à son fils ses périples en tant que pirate. Il lui décrit son équipage : le Barbu, Cigarillo, le Tatoué et tant d'autres. L'année de ses neuf ans, le petit garçon et sa mère reçoivent un télégramme leur annonçant que le père a été victime d'un accident dans la mine dans laquelle il travaillait. Heureusement, il en a réchappé mais est à l'hôpital. L'enfant et sa mère partent donc le voir jusqu'en Belgique.
La seconde partie de l'album a lieu des années plus tard, lorsque le père reçoit à son tour une lettre. Celle-ci l'informe de la fermeture de la mine. S'ensuit alors un nouveau voyage vers la Belgique mais avec la famille au complet cette fois-ci. Le fils va découvrir qui sont réellement le Barbu, Cigarillo, le Tatoué et les autres et comprendre pourquoi son père lui a menti toutes ces années, et que finalement il y avait une part de vérité dans toutes ces histoires.

Il s'agit d'un album magnifique qui pour une fois ne s'adresse pas aux enfants les plus jeunes. C'est un énorme coup de coeur pour moi !


Les points positifs :


- l'histoire est très originale
- les illustrations sont vraiment belles
- le public visé change un peu de l'ordinaire (à partir de 7 ans)


Les points négatifs :


- Les personnages principaux n'ont pas de nom, surement pour mettre en valeur ceux de l'équipage. Cependant, j'aurai préféré que le fils en ait un. Je ne saurais pas dire pour quoi mais l'absence de son prénom dans l'album m'a gênée.
- J'ai trouvé qu'il y avait un manque de détails sur la notion du temps. L'auteur reste très vague sur ce thème et cela m'a dérangée car l'album se passe sur une durée assez étendue.


Je l'ai lu dans ce livre :


"Quand j'étais petit, mon papa n'était jamais à la maison. Il ne revenait qu'une fois par an chez nous, en Italie, pour les vacances d'été. Il sentait la mer, mon papa. Parce que c'était un pirate. Un grand pirate. A peine arrivé, il me prenait sur ses genoux. Il déroulait une grande carte qui sentait la poussière et me montrait un par un tous les endroits où il était allé. Et chaque fois, il me racontait comment lui et sa bande avaient attaqué là un navire, épargnant la vie de l'équipage en échange de tous ses trésors."


La petite musique du livre : 



Ma note :